Pascal Morin comparaît à Sherbrooke

L'Unité des crimes majeurs de la Sûreté du Québec poursuit son enquête encore ce matin sur le meurtre de trois personnes, Ginette Roy Morin, 70 ans, ainsi que Juliette et Laurence Fillion, âgées de 8 et 11 ans, dont les corps ont été retrouvés sans vie dans une résidence située au 150, chemin Dostie, à Saint-Romain, vendredi, en début de soirée.

Pascal Morin, âgé 35 ans, se trouvait sur place au moment de l'arrivée des policiers, qui répondaient à un appel logé au 911 de l'intérieur de la maison. Croyant intervenir sur un dossier de violence familiale, les policiers ont forcé la porte et ont trouvé le suspect, couvert de sang, confus. Il a été longuement interrogé. Les enquêteurs ont procédé à son arrestation sur place. Il a été conduit plus tard à la prison de Sherbrooke, après le dépôt de trois chefs d'accusation de meurtre au premier degré.

L'accusé habitait la résidence avec sa mère, Ginette Morin. Les deux fillettes étaient en visite chez leur grand-mère. La mère des enfants se trouvait en vacances à l’extérieur du pays. Leur père,resté à la ferme, est arrivé sur les lieux plus de deux heures après le drame, en compagnie d’autres membres de la famille, ayant appris la nouvelle à la radio. Il n’a pu franchir le périmètre de sécurité érigé par la Sûreté du Québec à l’extrémité du chemin du Parc industriel, à quelques dizaines de mètres des lieux du drame. C’est un officier qui est venu à sa rencontre pour finalement lui confirmer la mort des fillettes. Ses proches l’ont immédiatement soutenu dans l’épreuve. Le grand-père paternel des deux jeunes victimes, le maire de Saint-Romain Jean-Luc Fillion, est lui aussi accouru sur place, atterré.

Selon des résidants rencontrés sur place, le suspect démontrait depuis longtemps des troubles de comportement, associés à la consommation de drogues. La veille, il aurait été aperçu jouant seul aux cartes en bordure du chemin, dans la municipalité voisine de Lambton. La mère des deux jeunes victimes était en vacances à l'extérieur du pays au moment du drame. Avisée des événements, elle a dû être hospitalisée à Lac-Mégantic, aussitôt de retour chez elle.
Les trois victimes auraient été frappées à l'arme blanche. Des gestes à caractère démoniaques.

L'accusé devait comparaître à nouveau, aujourd'hui, à Sherbrooke. Pascal Morin a déjà eu affaire à la justice dans le passé. En octobre 2005, il avait plaidé coupable à une accusation de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé des lésions corporelles. Il avait été condamné par le juge Gabriel Lassonde à une peine de neuf mois, avec deux ans de probation.

Une famille décimée en 1965
L'extrême violence du triple meurtre commis le 10 février à Saint-Romain n'est pas sans éveiller de mauvais souvenirs en Haute-Beauce. En août 1965, un père de famille, Paul-Émile Roy, avait, dans un moment de folie meurtrière, utilisé une hache pour tuer sa femme, 46 ans, et quatre de ses six enfants, âgés de 13, 12, 9 et 6 ans, de retour de l'école. Les deux enfants plus âgés, l'aîné de 19 ans et sa soeur de 17 ans, avaient eu la vie sauve parce qu'ils se trouvaient à Lac-Mégantic à l'heure où la massacre avait été commis. «Le plus vieux était un musicien et sa soeur était avec nous. Nous étions au Centre Monseigneur Bonin et son groupe jouait de danse ce soir-là», rappellait une lectrice, Gaétane Baron, dans un courriel parvenu à l'Écho quelques jours avant le drame de Saint-Romain, où deux autres enfants du couple Morin-Fillion ont eu la vie sauve, parce qu'ils se trouvaient chez les grands-paternels au moment du drame.

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