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Denis Bouchard en compagnie des comédiennes Ayana O’Shun et Marylou Belugou. La pièce Le dernier sacrement sera présentée le vendredi 15 novembre à la Salle Montignac. Le public y est convié à compter de 19h30. (photo Damiàn Siquieros)
Quand la fin de vie se transpose en comédie
Claudia Collard  ( 11/11/2019 )

Un jour, Denis Bouchard est tombé sur cette phrase à l’effet que les gens ayant la foi mouraient davantage en paix que les autres. En tant que non-croyant, il s’est dit que c’était bien mal parti pour lui… Une réflexion qui l’a mené à rencontrer patients et gens oeuvrant aux soins palliatifs, puis à l’écriture de la pièce Le dernier sacrement. «C’est avant tout une comédie. Mais on ne rit pas de la mort; on rit avec la mort», transmet l’auteur et comédien de la distribution.

Cette oeuvre théâtrale, dont les profits seront remis à la Maison La Cinquième Saison, est présentée par le Comité culturel Mégantic, le vendredi 15 novembre sur la Scène Desjardins de la Salle Montignac. Le public y est invité à compter de 19h30, d’abord pour vivre une expérience immersive dans la salle publique de la polyvalente. Deux espaces d’une unité de soins palliatifs y seront aménagés pour la présentation de sketchs humoristiques, suivis de la pièce proprement dite à 20h.

Le dernier sacrement est une pièce directement inspirée des témoignages qu’a recueillis Denis Bouchard lors de ses visites à l’unité de soins palliatifs du CHUM. «Au départ, j’avais peur d’aller-là, que ce soit un mouroir à l’ambiance triste. En fait, c’est tout le contraire; on célèbre la fin de sa vie. J’ai aussi constaté que gens qui partent en paix n’ont pas nécessairement la foi; ils ont fait la paix avec leur mort et avec leur vie. Ces personnes ont aussi beaucoup d’autodérision. Une femme rencontrée m’a dit: Merci beaucoup M. Bouchard pour vos chocolats mais je ne pourrais pas tous les manger sinon je n’entrerais pas dans mon urne. À partir de phrases comme celle-là, j’ai créé le personnage de Denis Prudhomme, un ancien professeur en fin de vie, qui est un bon vivant et qui va l’être jusqu’à la dernière seconde de sa vie.»

Denis Bouchard interprète ce personnage non-croyant mais qui doute. En sa compagnie aux soins palliatifs, une infirmière croyante (Ayana O’Shun) et sa fille (Marylou Belugou), étudiante et pratiquante. Une rencontre de trois générations et autant de points de vue sur la mort, la religion, la spiritualité et l’existence de Dieu.

En plus de rendre hommage aux personnes travaillant auprès des gens en fin de vie, Denis Bouchard souhaite établir un dialogue entre croyants et non-croyants avec Le dernier sacrement. «Mon personnage, un ancien prof de sciences politiques, se pose des questions sur la religion. Il se dit, «tout d’un coup que Dieu existe, j’aime mieux ne pas prendre de chance». Il va passer la soirée avec son infirmière, qui est croyante. Ces deux-là, qui ne sont pas d’accord, vont quand même cohabiter ensemble et pouvoir se parler avec beaucoup d’humour et de respect. Je trouve qu’aujourd’hui, on ne peut plus parler d’être ou non croyant sans se faire traiter de tous les noms. J’avais le goût d’avoir des personnages sur scène qui, même s’ils ne sont pas d’accord entre eux, ne s’envoient pas promener pour autant.»

Si, au départ, la pièce présentée dans une salle de classe du CHUM n’intéressait aucun diffuseur, sa popularité a monté en flèche au point d’attirer des milliers de personnes en tournée, un engouement tel que des représentations sont également à l’agenda de 2020. Sans compter les nombreux témoignages touchants qu’a reçus Denis Bouchard. «Un des spectateurs, atteint du cancer du poumon en phase terminale, s’est reconnu dans mon personnage. Il avait peur de venir voir la pièce mais il est ressorti apaisé. C’est vrai qu’il y a chose d’apaisant dans Le dernier sacrement: on parle des vraies affaires, on en parle avec humour et vraisemblablement ça rejoint de plus en plus de monde.»

Les billets pour cette pièce sont en vente à la pharmacie Jean Coutu de Lac-Mégantic, en ligne via lacmegantic.tuxedobillet.com ou directement au guichet de la Salle Montignac le soir de la représentation.

   

 

 

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