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Le directeur général de la Caisse Lac-Mégantic-Le Granit, Dominic Gagnon.
Onde de choc chez les membres Desjardins
Rémi Tremblay  ( 19/11/2019 )

Ce 15 novembre, la bannière Desjardins cesse de flotter sur les villages de Sainte-Cécile-de-Whitton, Piopolis et Saint-Romain. Les services caissiers de la Caisse Lac-Mégantic-Le Granit sont retirés des centres de services Salaberry, à Lac-Mégantic, et Audet. Essentiellement une décision d’affaires du plus important mouvement coopératif au Québec, répondant ainsi à une baisse d’achalandage pour le modèle traditionnel des caisses, mais provoquant une onde de choc silencieuse chez les membres, surtout dans les populations rurales qui portaient le vert Desjardins comme une fierté, depuis des décennies de coopération et de solidarité sociale!

Dans un simple dépliant d’information disponible dans les caisses touchées par la réorganisation du réseau, les membres du conseil d’administration de la Caisse saluaient cette décision comme «une relation d’affaires adaptée à vos besoins en constante évolution». Les explications se résumaient en deux points: la baisse d’achalandage et les nouvelles habitudes transactionnelles des membres.
«Plus de 96% des transactions de nos membres se font ailleurs qu’au comptoir, relève le directeur général de la Caisse, Dominic Gagnon. Nos analyses montrent que de 2016 à 2018, les caisses Desjardins en région ont connu 18% de moins de transactions au comptoir, 13% de moins au guichet et 43% de plus sur AccèsD et sur les téléphones mobiles.»

Il tient à se faire rassurant: «À l’assemblée générale, en 2019, nous avons avisé nos membres qu’on allait revoir notre réseau de distribution. C’est sûr qu’il y a des gens qui sont déçus, mais la Caisse s’est assurée d’accompagner les membres dans la transition.»

À Lac-Mégantic, la relocalisation du personnel du secteur conseil du centre de services Salaberry (l’ancienne caisse Fatima) vers le siège social de la rue Laval a été amorcée au cours de l’été, après des travaux de réaménagement des espaces de bureaux au siège social. À l’entrée de l’établissement, il ne restera plus que le guichet de nouvelle génération.

L’impact direct sur les centres de services à Woburn et Lac-Drolet se traduit par une modification des heures d’ouverture, alors qu’au centre de services de Saint-Sébastien, le comptoir est maintenu, mais aucune réponse positive n’a été rendue à la pétition citoyenne demandant un guichet automatique dans cette localité. Il n’y en aura pas.

À Piopolis, la décision est irrévocable et sans appel. C’est la fin d’un projet-pilote d’un premier «centre libre-service» au Québec, implanté en septembre 2011 dans le Magasin général, et qui était annoncé par la Fédération des caisses Desjardins à l’époque comme «une solution avant-gardiste visant à optimiser la prestation de services et à maintenir la proximité avec nos membres», avec l’installation d’un module doté des plus récentes technologies offrant tous les services d’une caisse populaire accessibles 70 heures par semaine. Il y a huit ans, un soupir de soulagement était poussé par la population la plus âgée de la MRC du Granit. Le verdict de fermeture est tombé parce que Desjardins n’y dénombrait plus maintenant que 380 transactions par mois. Un achalandage ne justifiant pas la poursuite de l’expérience.

«Ici, dans ce petit village de 355 habitants, les gens se sentent délaissés. Il n’y a pas de négociations possibles. Les gens voient bien que la décision a été prise par le Mouvement Desjardins (plutôt que par les administrateurs locaux). Le ballon de fête de 2011 a dégonflé», confie Spomenka Adzic, propriétaire du Magasin général avec son mari Milenko. Dans sa voix, au téléphone, l’émotion est palpable. «Oui, pour nous c’est une perte de revenus. On ne sait pas ce qu’on va faire avec cet espace qui deviendra libre dans le magasin, mais on pense surtout aux gens. Ici, le Magasin général c’est un monument du patrimoine local, alors, imaginez notre fierté, comme immigrants, d’avoir eu une ouverture en 2011 et une vision commune avec Desjardins pour assurer des services qui faisaient notre fierté et que les gens de l’extérieur nous enviaient, parce qu’à leurs yeux, nous étions la solution pour d’autres municipalités qui perdaient leur caisse.»

Malgré la déception de voir se décrocher la bannière Desjardins, Spomenka Adzic ne perd pas espoir. Ce serait mal la connaître. «Malgré la situation, on va se retrousser les manches et voir ce qu’on peut faire. Depuis huit ans, j’ai vu des personnes âgées apprendre à utiliser leur carte Desjardins, à se familiariser avec les technologies. Et cette expérience-là, je suis fière de l’avoir vécue avec les gens de la communauté. Comme immigrante, mais surtout comme Québécoise!»

Une adaptation à faire

À Lac-Mégantic, la fermeture du comptoir du centre de services Salaberry entraine une tout autre problématique, celle de l’accessibilité, une notion importante pour les personnes en perte d’autonomie et pour l’organisme Trans-Autonomie, qui offre le transport adapté et collectif pour l’ensemble du territoire de la MRC. L’emplacement du siège social de Desjardins au coin de Laval et Maisonneuve n’est pas idéal, selon la directrice générale Claire Ouellet. «L’accessibilité est ma priorité. Il faut que le chauffeur de l’autobus arrête le plus près possible de la porte d’entrée de la destination de l’usager. Parmi nos clients, nous transportons des gens en perte d’autonomie. Certains en fauteuils roulants, d’autres se déplaçant avec une marchette. Il faut que les lieux publics soient accessibles à ces personnes-là.»

Jusqu’à aujourd’hui, plusieurs clients débarquaient à un point de rassemblement familier, ce qu’ils appellent encore la «Caisse de Fatima». Les personnes pouvaient concentrer leurs achats chez Metro, Jean Coutu, fréquenter la Caisse ou la Banque nationale, et aller prendre un café au casse-croûte Poléon, avant le retour chez eux.

«Toutes les personnes âgées sont vulnérables, insiste Claire Ouellet, qui connaît bien les habitudes de sa clientèle. «La Caisse Ste-Agnès est située à une intersection où il y a des feux de circulation. Quand l’autobus arrivera, y aura-t-il suffisamment de cases de stationnement disponibles sur la rue Laval? Faudra-t-il que le chauffeur stationne en double ligne? Si le chauffeur choisit de descendre sur Maisonneuve pour accéder à la rampe d’accès, il faudra là aussi des espaces dégagés. L’autobus ne peut pas stationner dans le stationnement situé à l’arrière de la caisse, parce que ce serait difficile pour nos véhicules de se retourner. Et l’hiver, est-ce que la rampe d’accès sera correctement déblayée? Est-ce que le bord du trottoir sera enneigé ou facilement accessible pour l’autobus? Je sollicite fortement l’installation d’une porte automatique à l’entrée de la caisse pour que nos usagers en perte d’autonomie puissent facilement y accéder.» Une autre perte de repère après les nombreuses subies par l’incendie de 2013.

Desjardins assure avoir pris des mesures afin de continuer à desservir ses membres habitant le Village Harmonie, où vivent plus de 200 personnes âgées, et la résidence Eden sur le lac, avec ses 43 unités d’hébergement.

La Ville respecte la décision

Appelée à réagir au retrait des services caissiers au centre de services Salaberry, la mairesse de Lac-Mégantic Julie Morin dit «comprendre et respecter» la décision des administrateurs de Desjardins.
«Les deux Caisses de Mégantic généraient un certain achalandage mais, dans ce cas comme dans bien d’autres, nous devons absolument adopter une vision régionale pour que nos institutions ou services demeurent, a-t-elle communiqué. Nous constatons qu’ils ont fait l’effort de centraliser dans une seule caisse à Lac-Mégantic afin de maintenir une présence dans au moins chaque secteur de la MRC du Granit.»

La mairesse confirme la tenue d’une rencontre entre les représentants de Desjardins et la Ville, au cours de laquelle Desjardins a expliqué la conjoncture actuelle et les changements apportés aux habitudes des clients.

«On ne peut pas tout centraliser, certains services de proximité pour les villages sont essentiels, ajoute Julie Morin. Outre la centralisation des activités au comptoir sur la rue Laval, nous avons convenu avec Desjardins qu’il était primordial de maintenir au moins un guichet dans chacun des axes commerciaux, soit au centre d’achat, sur Laval et dans le centre-ville (secteur Fatima). Ce qui sera fait.»

Quel impact peut avoir la fermeture d’une caisse dans le secteur Fatima, nouvellement développé après la tragédie de 2013 ? «Depuis 2014, la Ville de Lac-Mégantic garde le cap sur sa volonté d’unir les deux rives en un centre-ville élargi qui est maintenant à l’échelle d’un quartier plutôt que d’une seule rue. Pour nous, le centre-ville est le quadrilatère allant de Salaberry à Québec-Central, et de Papineau jusqu’au boulevard des Vétérans. La station-service rénovée, la Promenade Papineau avec tous ses commerces et services, de même que les trois locomotives majeures que représentent le Metro, le Jean Coutu et la SAQ en font un secteur d’attractivité essentiel que nous travaillons, de concert avec les partenaires du milieu, à rendre vivant et attractif, diversifié et accueillant.»

Si du côté sud de la rue Salaberry, des commerces installés là depuis longtemps ferment, il ne faut pas y voir un début de dévitalisation, note la mairesse. «Comme ville, nous souhaitons générer de l’achalandage, c’est pourquoi nous permettons la tenue d’événements de toutes sortes dans le centre-ville. Et nous sommes à réactiver l’espace jeunesse qui ira bonifier la rive de la rivière Chaudière du côté sud, d’autres projets sont aussi en cours comme celui du Quartier Artisan qui pourrait avoir un impact positif sur ce secteur.»




   

 

 

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Vos commentaires
Francine Mercier (2019-11-22 à 19:07)
Il n'est jamais venu à l'esprit des décideurs d'envisager le déménagement des services à Fatima, un site plus accessible à tous les niveaux.



 
 

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