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Des médailles…
Rémi Tremblay ( 4/3/2010 )
Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai aimé suivre les Jeux olympiques de Vancouver à la télé. J’ai ressenti beaucoup de fierté pour les athlètes québécois, bien sûr, mais aussi pour tous les autres, qu’ils soient canadiens, américains et de toutes les autres nationalités qui partagent avec nous les joies de l’hiver. Les moments les plus forts ont été quand Jacques Beaudoin, notre policier à la sécurité au Pacific Coliseum, nous expédiait des courriels avec des photos «live» pour notre site Internet. Je suis certain que ce sera pour lui une expérience inoubliable, comme Nagano et Salt Lake City l’ont été pour Jean Cloutier.
Dur retour à la réalité, il n’y a pas que les athlètes de haut niveau qui ont droit à des médailles. J’en suggère quelques-unes.
Celle de la patience, en or, décernée aux automobilistes qui se font piéger au passage à niveau du centre-ville presque chaque midi. Une médaille à chacun de ces travailleurs du parc industriel qui vont dîner vite fait à domicile, mais qui doivent poireauter de précieuses minutes parce qu’on joue du avance-recule avec les trains. J’aimerais drôlement entendre tout ce qui dit dans les véhicules quand les feux font kling… kling…. Kling! Les conducteurs de locomotive font leur travail, certes, mais quand la compagnie de chemin de fer va-t-elle finir par comprendre et accorder une pause aux heures de pointe? Le ministère des Transports a aussi son effort à faire pour améliorer les feux de circulation qui perdent trop souvent le nord, de sorte qu’ils figent au rouge, même longtemps après le passage d’un convoi. Ça dure parfois une éternité… à quelques minutes près! Les gens d’ici ont pris la bonne habitude de griller les rouges quand la situation se présente, mais les conducteurs de l’extérieur attendent sagement que le signal passe au vert, ce qui crée une double frustration pour les automobilistes qui font la file derrière.
On a beau écrire là-dessus, rien ne change. La compagnie de chemin de fer se sert de la rue Frontenac comme le prolongement de la cour de triage et la Ville laisse faire parce qu’elle ne veut pas trop l’incommoder. Les automobilistes, c’est pas grave! Qu’ils prennent leur mal en patience!
Préparez-vous au pire, cet été. La voie ferrée qui mène au parc industriel sera relocalisée, le long de la rue Québec Central, afin de permettre la construction du centre sportif sur les terrains derrière la gare.
Maintenant, la médaille du courage… aux propriétaires fonciers qui viennent de recevoir leur nouveau compte de taxes par la poste. Surtout ceux qui habitent les municipalités qui étrennent leur nouveau rôle triennal. La grogne a commencé. Les propriétaires de lots boisés, par exemple, comprennent mieux quelle mouche a piqué ceux qui ont été réévalués à la hausse l’an dernier et celle d’avant. Les élus municipaux ont tout intérêt à préparer la réponse à donner aux citoyens qui iront les confronter dans les assemblées publiques ou directement au bureau municipal. Parce qu’il n’y a rien de plus frustrant pour un payeur de taxes de constater que la facture a doublé en moins de trois ans, sans recevoir le moindre service de sa municipalité et que personne, à la municipalité, ne peut lui servir une explication claire, nette et précise. Oui, c’est vrai, la préparation des rôles d’évaluation foncière est sous la compétence de la MRC, qui dispose d’un service d’évaluateurs chevronnés. Mais la municipalité, elle, peut jouer avec le millin pour aller chercher les revenus dont elle a besoin pour boucler son budget.
Rassurez-vous, la crise va vite passer. Dans quelques mois, tout au plus, la résignation des contribuables va avoir pris le dessus. Les esprits vont se calmer, les élus vont soupirer d’aise et les récalcitrants vont avoir réintégré le rang. La paix sociale sera rétablie... sans qu’aucune solution n’ait été apportée au problème de la hausse vertigineuse de l’évaluation. Et les dépenses publiques vont continuer d’augmenter sans trop qu’on sache pourquoi, mais personne n’y pourra rien.
Une troisième médaille, celle de la bravoure est décernée celle-là aux employés de la ville qui conduisent les gros tonkas jaunes et les autres camions et camionnettes de la flotte. Des véhicules prioritaires? Pas sûr. Et pourtant, comme des surfeurs sur neige ou des skieurs qui descendent une montagne en slalom géant, ils coupent le trafic et s’engagent sur la rue Dollard, même si un panneau de signalisation interdit le virage à gauche. Je vous défie d’essayer ça mais préparez-vous à sortir votre portefeuille. Nos athlètes sont si pressés qu’aux arrêts obligatoires, ils se contentent de ralentir (même sous le nez des policiers). Je vous défie d’essayer ça! Après quelques mètres, vous aurez une auto-patrouille au cul, les girophares allumés.
Le garage municipal est situé dans une zone résidentielle, au bout de la Papineau. À l’autre bout, il y aura le centre sportif. Pendant le chantier, est-ce que les camionneurs vont respecter la réglementation, comme le font, avec beaucoup de rigueur, ceux qui entrent et sortent du parc industriel? Est-ce qu’on va leur donner des directives strictes? |
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