Oscar Brochu

En voie de disparition?

Depuis 2014, c’est un peu l’hécatombe dans le monde des hebdos. Après des années d’une guerre de territoires entre Québecor et Transcontinental (devenue TC Média) pour la conquête des portes et des boîtes postales du Québec au grand complet, suivie d’une vente de débarras concernant 74 hebdos au Québec, rien ne va plus! Les groupes médiatiques ont fermé plusieurs journaux, le dernier en lice, et c’est tout récent, le Sherbrooke Express. Une décision qualifiée de difficile par la maison-mère sur la foi d’analyses du marché publicitaire, les revenus ayant diminué année après année, là comme dans toute l’industrie des journaux papier d’ailleurs. Il y a même des rumeurs qui circulent à l’effet que certains éditeurs d’hebdos songeraient à délaisser l’édition papier pour passer au mode numérique seulement. À Granby, entre autres.

Même si parfois on préférerait ne pas le voir, ni le savoir, c’est un fait: le monde change et les habitudes aussi. Le journal papier n’est plus tendance, vous pensez? Tous ne partagent pas cette opinion. «Avec ma retraite, j’ai abandonné tous mes abonnements: Le Devoir, La Presse, La Tribune, Time Magazine… Je n’ai gardé que l’Écho!», écrit un lecteur assidu.

Les nouvelles générations ne jurent plus que par les médias sociaux. Même la radio se retrouve sur la sellette après que la Norvège ait annoncé cette semaine la fin du FM dans ce pays au profit de la radio numérique. Dans la tête de bien des jeunes, les médias traditionnels sont condamnés à disparaître, comme l’ont fait jadis les dinosaures. La diffusion sur internet fait également réfléchir les propriétaires. Une fois que c’est dit que les hebdos et la radio sont des espèces menacées de disparition jusque dans nos régions, les artisans n’auraient plus qu’à rentrer chez eux et à obéir aux nouvelles lois du marché? Ils se convertissent au numérique en devenant travailleurs autonomes ou ils changent carrément de domaine?

Dans presque tous les cas de fermeture ou de conversion à la version électronique, l’argument économique des éditeurs prime sur le risque de laisser les lecteurs, annonceurs et auditeurs en plan.
Plusieurs annonceurs potentiels, même locaux, misent sur internet. Petite mise au point, les achats de publicité sur le web au Canada sont passés de 562 millions de dollars en 2005 à pas moins de 4,6 milliards de dollars en 2015. Une augmentation de 819% en 10 ans! Internet s’est accaparé 39% de tous les investissements publicitaires effectués au Canada en 2015. Une augmentation qui a grugé la part de marché des médias, parce que ceux qui profitent le plus de la croissance du revenu web ce sont Google et Facebook. Pour les preneurs de décisions, ce que disent les chiffres sur la fréquentation du web, et en particulier sur le grand réseau Facebook, oriente le plan de placements médias.

Oui, les médias sociaux prennent leur place dans ce vaste espace public des communications. Facebook et les autres médias sociaux donnent une voix à ceux et celles qui, autrement, resteraient quasi muets.
Le journal papier n’a pourtant rien perdu de ses avantages, gagnant au contraire à utiliser d’autres plateformes pour augmenter la portée du message.

L’Écho a une belle vie sur le web. En preuve, les statistiques de Google Analytics pour 2016 qui donne ces moyennes de 51 610 visiteurs uniques par mois, ces 64 792 pages vues par mois et ces 747 visiteurs en moyenne par jour. Les opinions des lecteurs reçoivent une grande attention des internautes. C’est un fait, le journal papier et le journal électronique se complètent bien, même si les deux versions sont essentiellement vendues. Les deux permettent la libre expression, pour les chroniqueurs comme pour les lecteurs.

Juste un exemple de ce qui peut circuler sur le net, ce commentaire de Christine en réaction au dernier billet intitulé Ainsi parlait La Fontaine. «Tant qu’à écrire des pitreries de la sorte, t’aurais pu te nommer! De quel droit tu te permets de comparer cette tragédie à un accident… Aie t’es dans le champ pis c’est pas ton petit discours dans l’echo de Frontenac qui va faire que le procès va être relâché. Tu sais même pas de quoi tu parles pis tes fables de la fontaine fourre toi les ou ce que je pense. Pis ta source est aussi mal informé que toi… je peux te dire que je me retiens de dire ce que je pense d’une personne comme toi. Tu n’as probablement pas vécu grand chose dans cette histoire pour être si mal informez dans ce temps là on se la ferme.» L’important, comme dirait l’autre, c’est d’offrir une plateforme pour qui veut s’exprimer. Avec ou sans filtre sur le net, plus filtré sur papier parce que les écrits restent et qu’une fois imprimés les propos ne peuvent pas s’effacer.

Pour réagir, Connectez vous Pour réagir, Connectez vous

À lire aussi

  • Un incendie dévaste une résidence de Marston
    Actualités

    Un incendie dévaste une résidence de Marston

    Rémi Tremblay / 18 avril 2024
  • Noé Lira : quand l’activisme prend de airs de fête
    Culture Musique

    Noé Lira : quand l’activisme prend de airs de fête

    Claudia Collard / 16 avril 2024
  • Happening de pure joie cosmique
    Actualités

    Happening de pure joie cosmique

    Rémi Tremblay / 16 avril 2024
  • La Ville demande à la SAQ de réaccepter les cartes LM
    Actualités Économie

    La Ville demande à la SAQ de réaccepter les cartes LM

    Claudia Collard / 4 avril 2024
  • Un écoquartier planifié à construire voisin de l’OTJ
    Actualités Immobilier

    Un écoquartier planifié à construire voisin de l’OTJ

    Rémi Tremblay / 4 avril 2024
Identifiez-vous pour commenter Identifiez-vous pour commenter

0 commentaire

  1. Un incendie dévaste une résidence de Marston
  2. Noé Lira : quand l’activisme prend de airs de fête
  3. Happening de pure joie cosmique
  4. La Ville demande à la SAQ de réaccepter les cartes LM
  5. Un écoquartier planifié à construire voisin de l’OTJ
  6. Un Réseau de bains de nature pour la MRC du Granit
  7. Les p’tits Torrieux se soucient peu de l’éclipse!
Virage numérique sans déraper
Noé Lira : quand l’activisme prend de airs de fête
Recherche d'emplois - Lac-Mégantic
  1. Commis comptable
    Lac-Mégantic
  2. Entretien ménager
    Marston
  3. Électromécanicien
    St-Sébastien
  4. 3 préposé(e)s à l’accueil touristique - 1 agent(e) de sensibilisation aux espèces exotiques envahissantes
    Lac-Mégantic
  5. 2e Employé de voirie
    Val-Racine
Répertoire des entreprises