L'Écho de Frontenac, hebdo de la région de Lac-Mégantic
 
 
 
 
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Mauvais perdant?
  ( 26/10/2018 )      0 commentaire (s)

Le Québec traverse une période de changement de régime comme on n’en avait pas vu depuis 1976, l’année de l’élection d’un premier gouvernement du Parti québécois. Plus de la moitié des élus du 1er octobre n’ont jamais siégé au Parlement. À la Coalition Avenir Québec, ils sont 54 petits nouveaux sur une députation qui en compte 74. En même temps qu’ils doivent tout apprendre de leur nouvelle fonction, il y a les bureaux de comté à installer. Le personnel à trouver.

Et comment s’est passée la transition dans Mégantic? Bien discrètement paraît-il. Pas d’appel de félicitations de Ghislain Bolduc, le député libéral sortant, à l’endroit du gagnant, le caquiste François Jacques. Les électeurs embauchent leur «représentant» à l’Assemblée nationale, celui ou celle dont le mandat est de diriger vers le gouvernement central les grands dossiers de sa circonscription.
Il n’existe pas de réelle directive parlementaire quant à la façon doit se dérouler la transition d’un député à l’autre, de sorte que c’est laissé au bon vouloir de celui qui quitte son poste de prévoir ou pas qu’elle soit harmonieuse.

Dans l’ancien bureau de Ghislain Bolduc, la vue sur la rue Frontenac, le lac et l’hôtel de ville de Lac-Mégantic suscite à tout coup l’effet «wow». Le ciel est bleu, le lac aussi. Le visiteur se croit dans la cabine de pilotage d’un 747 avec vue sur le centre-ville de la capitale régionale. Les espaces de bureau que loue l’Assemblée nationale au propriétaire de l’immeuble, la MRC du Granit, sont restés les mêmes après l’élection du 1er octobre. Le mobilier aussi, de propriété gouvernementale. Les ordinateurs, les téléphones, tous ces équipements ont été repris par l’Assemblée nationale qui les fournit pour tous les 125 députés. «Nos» employés, rappelez-vous.

François Jacques a pris possession de ses bureaux vendredi matin. Les clés lui ont été remises par la MRC. S’attendait-il à y voir des gerbes de fleurs et des ballons? Sûrement pas. Mais même s’il réussit à bien le cacher, derrière un sourire en coin, il y a une légère trace de déception chez celui que la population a élu comme son nouveau porteur de dossiers. Porteur de quoi? De dossiers! Mais, tous les dossiers cumulés en quarante décennies libérales dans le comté se sont envolés comme les feuilles des arbres en automne. Envolés comme dans «disparus» sans laisser d’adresse de réexpédition!

Ces presque quatre dernières décennies, on ne se posait pas la question, puisqu’un député libéral en remplaçait un autre, souvent pendant de longs mandats. Pourquoi Madeleine Bélanger aurait-elle détruit l’ensemble de ses dossiers, alors que Daniel Bouchard entrait en poste? Pourquoi, son tour venu, Johanne Gonthier aurait-elle passé l’ensemble du contenu de ses filières à la déchiqueteuse, alors que Ghislain Bolduc prenait le relais? Uniquement parce que ça restait dans la famille libérale?

Cette note de l’équipe de renseignements de l’Assemblée nationale est éloquente sur le sort des dossiers: «La constitution de dossiers relève strictement de la fonction de député, laquelle n’est pas directement liée à l’administration de l’Assemblée nationale. Un député jouit d’une entière indépendance dans l’exercice de ses fonctions. Ainsi, seul le député lui-même peut prendre les mesures qu’il juge opportunes quant à l’intérêt du citoyen et à sa propre gouverne. Il appartient donc au député de déterminer s’il est possible de transférer les dossiers à son successeur, auquel cas le transfert devra respecter les règles de confidentialité, ce qui peut nécessiter l’obtention du consentement des personnes concernées.»

Le personnel politique change, certes, mais est-ce d’une absolue nécessité de passer tous les dossiers à la déchiqueteuse plutôt que de s’entendre à l’amiable avec le nouveau choix de l’électorat?
Les municipalités, les promoteurs, les développeurs, les organismes, les citoyens devront donc recommencer à neuf et représenter leurs dossiers, sinon comment le nouveau député pourra-t-il savoir que vous attendiez telle réponse du gouvernement, telle subvention ou telle autorisation d’aller de l’avant? Est-ce partout pareil ? Est-ce que tous les députés défaits à la dernière élection sont rentrés chez eux avec plein de boîtes sous leurs bras pour écrire plus tard leurs mémoires?

J’ai posé la question à un journaliste qui couvre la scène parlementaire à Québec. «Est-ce que ça se passe toujours comme ça?» Sa réponse a été rapide : «Il y a des transitions qui se passent tout en douceur. Dans le cas de Chauveau, les employés de Gérard Deltell de la CAQ (passé aux conservateurs à Ottawa) sont restés avec la libérale Véronyque Tremblay, puis Véronyque Tremblay a discuté avec Sylvain Lévesque de la CAQ pour finalement lui laisser ses dossiers.»

Il y a donc sur la planète politique nommée Québec des transitions sans heurt, où le bien commun est pris en compte. Agir autrement, ça donne l’impression d’être mauvais joueur. Mauvais perdant. De ne pas respecter les populations elles-mêmes. Surtout que dans toutes les municipalités de la MRC du Granit, les électeurs ont fait le même choix: la CAQ dans une proportion moyenne de 57,4%.

Dans mon bureau, les filières sont pleines et les boîtes s’accumulent. Pourtant, avec l’ordi, j’aurais plus rapidement accès à tout ce qui a été écrit dans l’Écho ces 90 dernières années. Ça fait peut-être un peu accumulateur compulsif, mais si vous me demandez des découpures de presse concernant l’ancien député Daniel Bouchard, je vous sors cela de la filière du haut en moins de 20 secondes, avec les notes des Débats à l’Assemblée nationale concernant les constats d’infraction à la loi électorale dont il faisait face en 2004.

À moins d’informations sensibles ou de secrets d’État qu’on peut faire disparaître rapidement, qu’y a-t-il de si dérangeant à transmettre à celui qui vient te remplacer à une charge publique les dossiers actifs confiés par tes commettants. Ceux qui t’ont embauché pour poursuivre le travail de ton prédécesseur?



   

 

 

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