Actualité
    %>
  • L’arrivée de Canards Illimités dans le dossier du marais du lac Mégantic pourrait devenir un tournant historique favorisant la survie et la conservation d’un vaste territoire qui joue un rôle primordial dans tout l’écosystème du lac.

    L’arrivée de Canards Illimités dans le dossier du marais du lac Mégantic pourrait devenir un tournant historique favorisant la survie et la conservation d’un vaste territoire qui joue un rôle primordial dans tout l’écosystème du lac.

Canards Illimités prend possession du marais

Les dirigeants de Canards Illimités pour le Québec vont annoncer cet après-midi, à Lac-Mégantic, l’acquisition du marais du lac Mégantic, ainsi que des sites Dudswell et des îles de Dudswell, en Estrie. «Des lieux d’intérêt prioritaire tant pour la sauvagine que pour les autres espèces fauniques qui en dépendent», de souligner le directeur Bernard Filion. Le montant de la transaction intervenue avec la compagnie Domtar, propriétaire des terres du secteur, pourrait dépasser le million de dollars.
Le marais du lac Mégantic se trouvait dans la mire du groupe local de Canards Illimités depuis les débuts de sa fondation. Le territoire acquis représente 4,7 km carrés de terres humides localisées à la tête du lac et est constitué de marais, de marelles, de prairies humides, de marécages, de tourbières et de terres fermes. Il est connu comme la plus importante zone humide au sud du Saint-Laurent.

Dans un document préparé l’an dernier par l’agent de protection de la faune à la retraite, André Paradis, «le marécage du lac Mégantic, le plus grand de l’Estrie, est dans une pitoyable situation et sa survie de même que celle du lac Mégantic n’est pas certaine.» La zone ainsi identifiée agit comme une sorte de tampon et contribue à atténuer les fluctuations du niveau de l’eau. Ces terres humides et la flore qui y habite jouent un rôle dans l’épuration des eaux.

Un territoire d’autant plus intéressant pour Canards Illimités que, jadis, comme le raconte André Paradis, «l’automne venu, des milliers de canards de toutes sortes et d’outardes se donnaient rendez-vous. Comme le disait mon défunt père, lorsque les premiers voiliers de canards décollaient, il faisait noir en dessous.»

Le marais sert aussi d’habitat privilégié par des animaux à fourrure, tels que visons, rats musqués, belettes et castors. Plusieurs espèces d’oiseaux y nichent, dont les balbuzards, l’aigle à tête blanche, plusieurs oiseaux de proie, le grand héron et le huard.

Le creusage de la rivière Arnold, à la fin des années 60, a porté un dur coup sur l’écosystème du secteur, compte tenu des milliers de tonnes d’alluvions qui se sont déposées en aval et qui ont affecté la rivière Aux Araignées jusqu’au lac Mégantic dont le delta s’agrandit d’année en année, alors que la superficie du lac tend à se rétrécir davantage.

Quand un comité local de Canards Illimités a été mis sur pied en 2000, le marais du lac Mégantic s’est retrouvé en tête de liste des priorités. André Paradis souligne que ses membres ont obtenu la permission de deux grands propriétaires, la compagnie Domtar et l’entreprise Paul Vallée Inc., pour l’installation d’une trentaine de nichoirs à canards branchus que l’on peut notamment observer en naviguant sur la rivière Aux Araignées, entre le lac Mégantic et le lac des Joncs.

Un autre acteur du milieu, l’Association pour la protection du lac Mégantic, a longtemps milité pour la baisse du niveau du lac. Le comité local de canards Illimités favorisait plutôt le contraire, affirmant que la survie même du marécage ne saurait être envisagée sans maintenir un niveau d’eau constant.

«En mai 2004, une demande au ministère de l’Environnement pour faire une étude pour évaluer les impacts sur la faune, la flore, ainsi que les caractéristiques morphologiques du marais causés par cette baisse du niveau et envisager une hausse du niveau du lac pour revitaliser le marécage. La question a été transmise au service hydrique et nous attendons la réponse», constatait M. Paradis, cinq ans plus tard.

Quels gestes concrets le puissant organisme Canards Illimités pourra-t-il posé, en devenant propriétaire du marais? La réponse cet après-midi (vendredi), au Club de golf du lac Mégantic par la bouche de Bernard Filion, le directeur de la division du Québec de Canards Illimités, qui sera accompagné du ministre des Ressources naturelles du Canada et député de Mégantic-L’Érable, Christian Pardis, de son homologue québécois, le ministre délégué aux Ressources naturelles et à la Faune, Serge Simard, de la députée de Mégantic-Compton, Johane Gonthier, ainsi que du directeur de l’usine de Domtar à Windsor, Sylvain Lemay.






4 commentaire(s) Rémi Tremblay 18/3/2010

Commentaires


facebook twitter youtube